Comme je vous le disais l'autre jour, j'avais un peu (doux euphémisme) idéalisé le parcours de la création d'entreprise. Dans mon imagination fertile, je me voyais flotter loin, loin au-dessus des problèmes et les difficultés glissaient sur moi comme l'eau sur les plumes d'un canard (ou comme un pet sur des draps de satin. Vous pourrez, si vous le souhaitez, remercier mon papi pour cette expression pleine de poésie).

Autant vous dire que le retour à la réalité fut brutal. Et dans la catégorie "emmerdes qui me tombe sur le coin du nez", le refus des banques, ça a été le pompom !

Je vous resitue l'action : je venais de finir mon prévisionnel (et ça n'avait pas été une mince affaire, croyez moi !), je connaissais donc enfin le montant total des besoins pour lancer l'entreprise. Honnêtement, le montant en question je ne le trouvais pas astromique; du moins je le sentais cohérent avec le projet. Et en plus, j'avais réuni un peu d'apport : pas des sommes folles mais pas un montant dérisoire non plus.

Bref, j'le sentais bien. Pour moi, j'allais présenter un projet qui se tenait avec une bonne cohérence entre mon parcours, mes compétences et mon idée. Je me voyais arriver devant les banquiers avec mon joli dossier (rose dragée le dossier, comme il se doit !), leur présenter mon concept, mon prévisionnel et paf ! (non ça n'aurait pas fait des chocapics) Les accords de prêt allaient pleuvoir. Oui oui, dans mon imagination, c'est limite si les banques n'allaient pas se disputer le privilège de me financer.

J'ai une imagination à toute épreuve. 

Remarque, dans la réalité, les choses se sont presques passées comme ça.... Presque.

Les messieurs-dames des banques ont été fort aimables, ils m'ont fait des sourires, m'ont offert le café. J'ai eu des compliments sur la réalisation du prévisionnel, de bonnes critiques sur la cohérence entrepreneur / projet, un apriori positif concernant l'apport personnel... J'avais tout juste.

 

Sauf le secteur d'activité. Parce que voyez-vous ma p'tite dame, les banques ne financent pas le e-commerce. Et non. Que nenni, nada, rien du tout.

Si tu veux vendre sur internet, si tu y vois une façon de te détacher des contraintes financières et territoriales d'un magasin physique, les banques te diront que tu as bien raison... Mais ne te donneront pas un centime.

Ou alors, c'est ma tête qui ne leur est pas revenue.

La raison ? Le commerce en ligne ne présente pas assez de garanties. Dans le cas d'un échec commercial, je n'aurais pas de murs ou de fond de commerce à revendre et la banque ne récupèrera pas les sous. Ok ça se tient. 

Mais pour moi et mon projet, ça sentait fortement l'impasse. Et pour le dossier rose dragée, la déchiqueteuse n'était pas loin...

 

crédit : www.lemonde.fr

(où l'on constate de visu que banque et argent ne vont pas dans la même direction...)

 

Heureusement, je ne suis pas du genre à capituler et surtout j'étais bien entourée, par des professionnels du secteur qui étaient là pour me guider et me conseiller. On a trouvé des solutions ensemble, on a trouvé le moyen de sortir du circuit bancaire traditionnel.

Alors ne baissez pas les bras, il y a toujours moyen de résoudre les problèmes à condition de bien se renseigner. Dans le prochain article, je vous expliquerai comment j'ai fait, quelle voie j'ai suivi et quels organismes j'ai sollicité.