Et oui, il s'en passe des choses en 2 mois et encore plus dans la vie d'une future entrepreneuse !

Je vais commencer par lever le suspence : ça y est, je suis chef d'entreprise !!! Bon pour le moment je suis la patronne d'une entreprise qui n'existe que sur le papier : j'ai reçu mon numéro Siret il y a quelques jours seulement et j'ai ouvert mon compte professionnel hier. Disons que je viens d'achever la phase de conception pour attaquer la phase de réalisation... Ma boutique en ligne de dragées, création et vente d'accessoires de mariage devrait bientôt voir le jour !

 

Les deux derniers mois ont été particulièrement intenses. Quand on a une idée de création d'entreprise, on pense souvent que la partie conception "théorique" et étude de marché va être la moins difficile. Du moins, moi je le croyais. Je me disais que j'avais tout le concept bien en main et que, du coup, ça n'allait pas être bien difficile de faire une étude de marché et un prévisionnel. Et après, hop ! Un petit tour pour présenter le bébé à 2 ou 3 banques et je pourrais attaquer les choses sérieuses.

C'est ça ouais. Vous vous souvenez de l'histoire de la marmotte et du papier d'alu ? Eh bien voilà exactement ma conclusion concernant la soi-disant facilité de la phase de conception.

 

En vrai, c'est une période complexe qui réclame beaucoup de temps et beaucoup de réflexion et franchement, ça a été deux mois très chargés émotionnellement. J'ai eu des moments de grande joie mais aussi beaucoup de moments de doute, de trouille. Il y a eu plein de décisions à prendre, des choix irrévocables. Je me suis réveillée plein de fois au milieu de la nuit en me disant "Et si j'arrêtais tout ?" "Et si ça ne marchait pas ?" "Et si je ne faisais pas les bons choix ?" 

Je me suis sentie propulsée dans un monde auquel je ne connaissais rien et j'avais l'impression de tout devoir savoir : les différents statuts juridiques existants, les modes de fiscalité, les modalités de paiement des fournisseurs,les caractéristiques techniques des plateformes de paiement, etc.

Il y avait des fois où j'avais envie de me tourner vers quelqu'un pour demander si je faisais les bons choix, les plus adaptés, les plus judicieux. Mais il n'y avait personne. Parce que la seule à connaître vraiment le projet, à savoir quels sont les décisions les plus judicieuses, eh bien c'est moi.

Franchement il y a des moments où je me suis sentie seule. Et stressée. Et débordée.

Surtout que, bien sûr, rien ne s'est passé comme prévu (sinon ce ne serait pas drôle hein). Peut-être que ça vient aussi du fait que j'avais une vision super optimiste de la marche à suivre (c'est sûr que ça n'a pas aidé). Je pensais que ça prendrait quelques semaines, un mois et demi tout au plus pour faire la conception stratégique du projet, pour faire l'étude de marché et présenter le dossier aux banques. Ca a pris 4 mois en tout. Et.... bon je n'ai pas envie d'avouer que je suis trop naïve alors je vais juste dire que j'avais vu un peu juste. Oui, on va dire ça comme ça.

Au début je me suis lancée dans l'aventure avec le sourire et pleine d'enthousiasme. Et puis, au fil des semaines, je crois que l'angoisse a pris le dessus. Il faut dire que je suis naturellement une grande anxieuse, j'ai toujours peur de mal faire, d'oublier des étapes, de ne pas bien me renseigner avec de décider quoique ce soit... Résultat, ça a vraiment été une période difficile a vivre.

 

Je sais que ce n'est pas ce que je suis sensée dire. Je devrais voir la vie en rose, partager quel grand bonheur c'est de se lancer dans l'entreprenariat. Partout je ne vois que des témoignages dans ce sens là : on a l'impression que ces gens n'ont jamais douté, jamais stressé, jamais fait d'insomnies. Je crois que je casse un peu l'ambiance, mea culpa

Bon après je ne voudrais pas vous démoraliser hein, c'est pas une fatalité non plus de s'angoisser autant. Ca tient à la personnalité de chacun forcément. Et puis l'erreur que j'ai faite, quand j'ai commencé à avoir peur, c'est de n'en parler à personne. Du coup mes angoisses ont grossi, grossi jusqu'à prendre toute la place dans ma tête...

crédit : www.terrafemina.com

 

Et puis finalement, le déclic est venu de l'Impafait Bien-Aimé : il me voyait malheureuse, voyait que je ne dormais plus, que je me repliais sur moi-même, que j'étais énervée tout le temps. Il m'a poussée dans mes retranchements, m'a forcé à parler. Je me souvient qu'il m'a demandé "Quand tu as décidé de te lancer tu avais le sourire tout le temps, maintenant on dirait que ça ne te rend plus heureuse, tu veux arrêter ?" Et là... eh bien je ne savais plus. A force de retourner toutes ces inquiétudes, toutes ces craintes, je n'arrivais plus à voir derrière. J'ai failli tout plaquer.

Ca a pris toute une nuit pour exorciser mes angoisses. J'ai parlé, j'ai pleuré (faut dire que je suis chouineuse de nature) mais l'Imparfait Bien-Aimé m'a aidé à reprendre confiance. Il m'a rappelé mes arguments du début, ceux qui font que je crois en moi et en mon projet. Il m'a rappelé les vraies raisons qui ont fait que j'ai choisi de me lancer dans l'aventure. Il m'a reboosté, m'a redonné l'ernergie dont j'avais besoin.

Et j'ai relevé la tête.

Aujourd'hui j'ai fini la phase de conception, j'ai mon numéro Siret mais, surtout, j'ai réussi à surmonter mes angoisses. Et je repars plus forte et avec davantage de confiance en moi. Je continue l'aventure à 200%.